Un article passionnant qui dépasse le seul cadre du conservatoire et interroge les conditions de la démocratisation de l’enseignement ainsi que la prise en compte des droits culturels.
Extrait du dernier chapitre:
« … Transformer la définition de la réussite au conservatoire ne signifie ni diminuer les exigences ni renoncer à l’excellence ; cela invite à se demander au service de quoi et de qui ces exigences sont mobilisées.
Les conservatoires ont déjà beaucoup évolué : ils accueillent davantage d’esthétiques, développent les pratiques collectives et interviennent dans les écoles. Mais ces transformations risquent de rester périphériques si les critères d’évaluation demeurent implicites et si l’institution continue d’étalonner la valeur d’un élève à sa seule distance avec le modèle professionnel.
Une politique de démocratisation ne peut se limiter à rendre la compétition plus équitable : elle doit aussi reconnaître comme pleinement légitimes plusieurs manières d’apprendre, de pratiquer, de contribuer et de quitter l’établissement.
Une proposition de définition de la réussite : Un élève réussit lorsqu’il acquiert les connaissances, les compétences, le désir et l’autonomie qui lui permettent de développer une pratique artistique choisie et signifiante, pour lui-même et dans sa relation aux autres, que cette pratique soit personnelle, collective, publique ou professionnelle. Elle n’exclut pas l’exigence technique, elle en interroge la finalité… »